Poétique d’un mouvement mécanique
Poétique d’un mouvement mécanique
Photographie à la manière de Todd McLellan, capturant un réveil mécanique. Objet familier, il devient témoin de souvenirs, de gestes et d’instants suspendus.
L’engrenage arbré
Vestige d’une ère mécanique, cet objet pas plus gros qu’une pièce d’un euro se veut le résultat de l’assemblage d’une roue dentée et d’une tige. Cette dernière ; pièce longue et mince de l’appareillage, permet alors à la première ; objet de forme circulaire et pourvue de dents axiales, de réaliser un mouvement circulaire sur un axe déterminé et fixe. Désignée d’engrenage arbré, cette pièce est extraite d’un réveil mécanique, lui-même relique d’un temps où le quartz et le numérique n’étaient que prémisse d’une révolution dans la prise de connaissance du temps.
Cette pièce, dû au démontage de l’objet technique, manque par sa solitude imposée à sa fonction première : celle de permettre par sa mouvance de transmettre l’énergie du ressort vers la roue d’échappement. En résulterait, si et seulement si, l’objet, d’où cette pièce est extraite, était dans son état d’entièreté, la possibilité d’en obtenir l’heure à l’instant présent.
Non visible ! Caché par le boîtier, qui mêle et entremêle avec harmonie et organisation, les pièces qui composent l’objet réveil ! Ne pouvant fonctionner seul ! L’engrenage arbré ne peut être défaillant sans emporter dans son échec ses camarades ! Aussi infime qu’il soit par sa taille, il porte en lui, comme sa fratrie, la lourde tâche du bon fonctionnement du mécanisme qu’il anime.
D’un alliage ductile et malléable, mélange de cuivre et de zinc en proportions variables ; le laiton qui façonne cette pièce se veut essentiellement doté de nuances jaunâtres. Toutefois, selon l’inclinaison de notre regard et la teinte du faisceau lumineux qui viendra la mettre en lumière, elle pourra brunir, verdir ou encore rougir !
Trésor d’un temps, elle suscite par sa solitude forcée notre imaginaire. Supposée élément d’un tout, elle pourrait appartenir à la mécanique d’un petit train dans une vitrine de jouet. Nous pourrions également la projeter dans un des engrenages des œuvres de Jean Tinguely qui animent par sa poésie les désordres mécaniques. Elle pourrait aussi appartenir, pour les amoureux de comte, à la montre à gousset du lapin blanc de Lewis Carroll dans “Alice” où ce mammifère rongeur cours après le temps et en oublie ce qui se passe autour de lui….